| Promenade dans le fonds Corti. |
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Déjà prenant appui Les gardiens du feu, disent les Yaghans, ne naissent pas du lait que l'homme dépose dans la femme : ils naissent d'un lait caché dans les cendres. Mêlé à la fumée du feu celui-ci vole, porté par le vent terrible de la haute mer, et arrive jusqu'aux femmes en attente sur la plage. Leopoldo Brizuela, Le Plaisir de la Captive, traduction Bernard Tissier Le feu brûle ; c'est la première loi. Quand le vent l'attise, ses flammes s'étendent alentour. La parole attise les flammes. Tout a été combiné pour qu'écrire vous consume, et pas seulement de l'intérieur. En soi, écrire n'est rien ; se mettre en condition d'écrire (c'est là qu'on est possédé) équivaut à 90% du problème William Carlos Williams, Paterson, traduction Yves di Manno Mais il fallut oser l'exode Et le havre d'un autre nom pour transformer l'exil en île Robert Davreu, Moments perdus La poésie morte La déjà morte vive brutale encore et au-delà ? Caroline Sagot Duvauroux, Hourvari dans la lette Lorsqu'on met certaines poésies en musique, pourquoi de les met-on pas en poésie ? Novalis, Fragments si tu as le réel en mains, entame ta marche prends un outil et annule lénigme de sa création. Sache-le, la matière est attelée à lentêtement de la forme. Israël Eliraz, Abeilles/Obstacles De ceux qu'on lui arrache, l'âme est proche  des moment choisis Quand l'obscur semble Bizarrerie Le Clair paraît aisé Emily Dickinson, Une âme en incandescence, traduction de Claire Malroux. La terre est du début à la fin de l'année une machine à voir le soleil. Jean-Luc Parant, Les Yeux. Si la destinée est un fleuve que chacun est contraint de suivre, le poème suit le fil de l'eau et le coupe en y jetant un pont. Jean-Michel Maulpoix, Le Poète perplexe. Mais voici que le ciel bleu de la nuit laissa échapper une goutte lumineuse, grande comme une larme, qui s'accrut en tombant entre les mondes. Jean Paul (voir Choix de rêves) Ce qui illumine le champ du perçu, c'est, principalement, notre désir. Martine Broda, L'Amour du nom. Tout dire du visible est un aveu d'invisible. Tout dire de la chose imperceptiblement la change. Il n'est dire, à son départ, qu'en la sollicitant. Dans son impulsion même, dans le sourd élan qui l'ébranle, il l'éprouve comme ce qui, d'une certaine manière, n'a pas encore dit son nom. Roger Munier, La Dimension d'inconnu. Ça n'est pas une mince affaire de voir ce qui n'est pas encore décidé à être vu. Israël Éliraz, Petit carnet du Levant. L'image meurt de sa frappe précise, meurt et demeure de s'effacer de sa trop matérielle demeure Robert Davreu, au passage de l'heure. Pourront-elles jamais se démêler, la vie analytique et la vie hymnique ? Et peut-on concevoir Proust dissocié de Pindare ? Miklós Szentkuthy, Vers l'unique métaphore, traduction de Eva Toulouse. L'âme, ô jars, vole au-delà des parcs Et bien au-delà des zizanies du vent. Wallace Stevens, Harmonium, traduction de Claire Malroux Depuis des millénaires, la terre retournée, fouaillée, appropriée. Mais dans les champs, certains soirs, les pierres luisent d'une mémoire qui n'est pas d'ici. Christian Hubin, Parlant seul. La "secondarité" est dans mon caractère ; partagé entre l'anticipation et le souvenir, il me semble ne m'être pratiquement jamais absenté d'un univers à quatre dimensions. Julien Gracq, Carnets du grand chemin. Un fragment, comme une petite uvre d'art, doit être complètement séparé du monde environnant et complet en soi ; tel un hérisson. Friedrich Schlegel, Fragments. Je puise dans mon expérience personnelle (comme dans la seule possible) un exemple, qui mieux qu'une affirmation nue, peut prouver la difficulté qu'il y a à ne pas introduire d'abord et à expulser ensuite les éléments étrangers à notre vision. Umberto Saba, Femmes de Trieste. Tout homme bien portant peut se passer de manger pendant deux jours, de poésie, jamais. Baudelaire, Pensées. Tout bien considéré, sous l'angle du guetteur et du tireur, il ne me déplaît pas que la merde monte à cheval. René Char, Le Marteau sans maître. La musique parle une langue universelle, par laquelle l'esprit est excité librement et sans but. Elle lui fait un tel bien, lui est si connue et si familière, qu'en ces courts instants, il lui semble qu'il se trouve dans sa patrie. Tout ce qui est amour et bonté, passé et futur, s'élève en lui, en même temps que l'espoir et le désir. Notre langue, à l'origine, était bien plus musicale ; ce n'est que peu à peu qu'elle s'est ainsi prosaïsée et assourdie. Elle es devenue un simple bruit, un son, s'il est permis d'avilir ainsi ce mot très beau. Il faut qu'elle redevienne un chant. Novalis, Fragments, traduction de Maurice Maeterlinck. ... |
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