Caio Fernando Abreu (prononcer abréou), brésilien, 1948 1996
(photo © Ekko von Schwichow)
Présentation de Claire Cayron.
Nouvelliste, romancier, scénariste, auteur dramatique et journaliste né en 1948 à Santiago do Boqueirão, petite ville de l'Etat du Rio Grande do Sul, frontalière de l'Argentine, qui figure dans son oeuvre sous le nom de Passo da Guanxuma.
Son grand-père Manuel et son père Zaél étaient grands maîtres francs maçons ; sa mère professeur dhistoire et de philosophie.
Caio Fernando Abreu a commencé à écrire dès lâge de 14 ans, à loccasion dun concours organisé par son lycée où fut couronné La malédiction des Saint-Marie, mélodrame situé dans un château des Pyrénées
En publiant ce récit en 1995, dans un recueil en forme de biographie littéraire intitulé en toute provocation : Brebis galeuses, lauteur remarque malicieusement : Le succès fut énorme : les filles faisaient la queue pour le lire (il ny avait quune copie, écrite sur un cahier de la marque En avant avec un stylo Parker 51).
Après des études de Lettres et d'Art Dramatique à Porto Alegre et quelques publications en revue dès 1966, il s'installe à São Paulo de 1968 à 1994 et travaille comme reporter notamment à la revue Veja, puis comme rédacteur et chroniqueur au quotidien l'Estado de São Paulo. Mais les difficultés politiques et économiques de la vie brésilienne lui ont fait exercer bien d'autres métiers, notamment pour financer de nombreux voyages en Europe : il a été plongeur à Londres, modèle aux Beaux-Arts de Paris, etc..
Il a publié son premier recueil en 1970. Dans les deux dernières années de sa vie, il sétait retiré à Porto Alegre, capitale de son État dorigine ; il sest alors consacré à la révision de lintégralité de son uvre.
Au bout dune carrière arrêtée par le sida à lâge de 48 ans, la bibliographie de Caio Fernando Abreu comporte 8 recueils de nouvelles, 2 romans, 7 pièces de théâtre toutes représentées, plusieurs scénarios et le recueil de ses chroniques dans le quotidien O Estado de São Paulo, de 1986 à 1995, sous le titre Petites épiphanies. Il a reçu dans son pays de nombreux prix et distinctions. Son uvre est également traduite en anglais, italien et néerlandais.
En exergue de lun de ses premiers recueils, il a placé cette citation du romancier Osman Lins :"Je trouvais beau, à lépoque, d'entendre un poète nous dire qu'il écrivait pour la même raison qu'un arbre donne des fruits. Bien plus tard seulement, j'en suis venu à découvrir que cette affectation était une imposture : que l'homme, forcément, se distinguait des arbres, qu'il devait connaître la raison de ses fruits, qu'il lui incombait de choisir ceux qu'il allait donner, et même de se demander à qui ils étaient destinés, en ne les offrant pas toujours mûrs, mais parfois pourris, et même empoisonnés".
Admirateur de Clarice Lispector, qui lappelait Don Quichotte, il est dit biographe des passions par son amie Lygia Fagundes Telles. Lui-même sest ainsi défini en 1995, au bout dune courte existence passée à guetter, éprouver et transcrire les avatars de la réalité : "Je suis un lieu commun incarné. Dans les années 50, j'ai fait de la moto et dansé le rock. Dans les années 60, j'ai été arrêté comme communiste. Puis je suis devenu hippie et j'ai tâté de toutes les drogues. Je suis passé par une phase "punk" et une autre "dance". Il n'y a pas une expérience-cliché de ma génération que je n'aie vécue. Le sida est simplement le visage-cliché de ma mort."
Le recueil Petites épiphanies souvre sur cette déclaration :"Quand tout paraît sans issue, on peut toujours chanter, je continue à le penser. Voilà pourquoi j'écris" .

Claire Cayron et Caio Fernando Abreu
à la Maison des Ecrivains Etrangers et des Traducteurs
© photo Anne Bihan.

Traduite en français (l'intégralité de l'uvre en français est traduite par Claire Cayron) :
Les Dragons ne connaissent pas le paradis, 1991, Complexe ;
LAutre Voix, Complexe, 1994 ;
Quest devenue Dulce Veiga ?, éditions Autrement, 1994.
Petites Épiphanies, Corti, 2001;
Brebis galeuses, Corti, 2002.

Caio Ferndando Abreu, photo Anne-Marie Geninet


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